Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis un artiste multiprise (écrivain, photomonteur, trichloteur, photoshopeur, borborythmeur et j’en passe et des meilleurs). Tout ce qu’il faut pour n’être jamais à la place qu’il faut. Non pas parce que la plupart ne désire rien entendre de ce que je fais, mais parce que tout mon travail ne correspond pas à leur oreille. Ce n’est pas de leur faute : l’habitude est de prendre leur véhicule chaque matin pour aller chercher leur pain. Et comme je ne sais pas conduire, j’emprunte des routes ou des chemins de traverse. D’ailleurs je les remercie de m’avoir mis à l’écart : je respire mieux. Le but est de me produire moi-même et non des choses qui m’asservissent : la famille, les partis, les associations, les lieux de travail. J’ai participé à leur concert. Mais voilà, tout ce qu’ils voulaient c’est une seule tête, une seule pensée. Les sauvages, les ingérables, non merci, on ne mange pas de ce pain-là, cher monsieur ! Ah !
Qu’est-ce qui vous a inspiré pour réaliser vos livres ?
Le fait d’être présent dans chaque chose que je réalise. Une phrase, un oiseau, une brindille. Un jardin, une drève, un bord de mer ou de rivière. En fait, je ne dis rien… mais avec précision. J’écoute, je regarde. Puis je monte toutes ces impressions, je les coupe, je les colle, je les trafique. Cela donne ce que ça donne : moins par visualisation que par l’écoute. J’ai horreur des storias, des techniques à la mode. Je suis de passage, mon travail est transitoire. Je me parcours selon Michaux et tant pis si cela ne correspond pas à ce que les autres attendent.
Pouvez-vous nous raconter votre expérience avec Copy-Média ?
Jusqu’à une date récente, je publiais avec mon imprimante. Et puis un jour, j’ai décidé d’envoyer un livre à un soi-disant éditeur. Surprise, le comité de lecture a accepté mon manuscrit. Petite anecdote : ce jour-là, j’étais au restaurant et j’ai avalé une guêpe. Mauvais signe. Il t’édite, tu paies, aucune promotion. Aucune trace de mon livre sur les étals des librairies. Bien, j’ai compris : entre les grands éditeurs et les auto-éditeurs, des rapaces se sont positionnés entre les deux. Par ici, la monnaie ! Donc j’ai décidé de me tourner vers les imprimeurs, plus particulièrement Copy-Média. Et là, joie : la qualité de la fabrication des ouvrages (plus d‘une vingtaine à mon actif : poésie, romans, revue, correspondances, exposition) est remarquable. Et cerise sur le gâteau, les voix de Romane, d’Elodie, de Christine et de bien d’autres m’ont enchanté par leurs conseils, leurs écoutes et leurs propositions : je peux ainsi continuer à poursuivre ma propre voix ; « ma vie est un festin où s’ouvrent tous les cœurs, où tous les vins coulent » ; et je peux ainsi « jouer de bons tours à la folie ».
Et je ne rêve pas !