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3 ans d’auto-édition, 2 ans consacrés à l’écriture à plein temps et leçons tirées de l’année 2013

C’est le début de la nouvelle année et je viens de fêter l’anniversaire de mes trois années d’autoédition, ça me semble donc être le moment opportun pour un post récapitulant ce que j’ai appris.

Quand j’ai commencé en décembre 2010, j’avais publié mon premier roman « The Emperor’s Edge », ainsi qu’une collection d’histoires brèves destinées aux enfants, « The Goblin Brothers Adventures ». À l’origine, je devais uniquement autoéditer les histoires pour enfants et chercher un agent pour « Emperor’s Edge » et « Encrypted », l’autre roman que j’avais terminé à ce moment-là. Mais j’étais tombée sur des blogs d’auteurs se débrouillant bien avec l’édition en ligne et j’avais décidé d’essayer pour les romans (le fait est que j’appréhendais aussi la corvée de devoir trouver un agent). Je me réjouis d’avoir décidé de publier d’autres livres que « Goblin Brothers » car ces histoires pour enfants sont les livres qui se sont les moins vendus comparé au reste de mes publications, alors même que le prix n’est que de 0,99 $. Entre-temps, j’ai gagné ma vie grâce aux ventes de mes autres œuvres (la collection s’est beaucoup agrandie) au cours des deux dernières années.

Leçon no1 : la fiction destinée aux collégiens ou à un public plus jeune est difficile à vendre dans le monde du livre électronique.

Les bonnes critiques et l’intérêt porté tôt à « The Emperor’s Edge » m’ont amené à me concentrer sur ces personnages, en créant une série constituée au final de sept romans, achevés l’été dernier (bien que je travaille sur un nouveau roman reprenant plusieurs de ces personnages). Disposer d’une série dans laquelle des lecteurs se sont investis m’a permis d’en faire au bout du compte un travail à plein temps. J’ai publié d’autres choses entre-temps (mes nouvelles « Flash Gold », une suite à « Encrypted » et quelques autres histoires courtes), mais les livres « Emperor’s Edge » sont ceux qui m’ont permis de vivre.

Leçon no2 : une série portée par des lecteurs fidèles permet un revenu stable.

Au fil du temps et après avoir sorti le 1er tome, les chiffres nous indiquent combien de personnes achèteront potentiellement le prochain épisode avant même de commencer à l’écrire. En ce qui concerne les autres livres sans rapport avec la série, les choses sont plus aléatoires. On peut être chanceux et attirer un tout nouveau public ou bien constater que seul un nombre plus réduit de ses lecteurs fidèles s’essaiera à de nouveaux personnages ou à un nouvel univers.

Depuis que j’ai terminé ma série centrale cet été, j’ai essayé plusieurs histoires pilotes qui pourraient déboucher sur une nouvelle série (« Torrent », un roman de « fantasy contemporain », « Swords & Salt tales », des préquelles destinées à une grande trilogie que je voulais faire, et une histoire d’amour qui sort plus tard ce mois-ci). Quand vient le moment où une série qui rapporte de l’argent prend fin, c’est un peu effrayant, mais on ne souhaite pas forcément se consacrer à quelque chose de nouveau à moins de voir qu’il y a du potentiel. Est-ce que les gens vont aimer ? Est-ce qu’ils vont l’acheter ? Est-ce qu’ils souhaitent en savoir davantage sur les personnages ? Ce qu’il y a de bien avec l’édition en ligne, c’est que l’on peut avoir un retour rapide. Cela dit…

Leçon no3 : il faut accorder un délai à son livre une fois commercialisé avant de l’abandonner ou de prendre des décisions hâtives quant au potentiel de la série.

En me basant sur les premières impressions, j’ai failli abandonner « Torrent » et l’idée de créer la suite. À un moment donné, j’étais sur le point retirer la série des magasins. La seule raison qui m’en a empêché, c’est que le livre était clairement organisé pour être le premier de la série et je me suis sentie forcée d’en écrire davantage afin que les lecteurs ne restent pas sur leur faim. À cause de ces premières critiques, j’ai en effet changé mes plans d’écriture et au lieu de me précipiter sur l’écriture du tome 2, je me suis lancée dans un nouveau roman de mon univers déjà existant en utilisant la plupart des personnages des séries précédentes.

Ce qu’il y a de génial quand on écrit à plein temps, c’est que la journée de travail consiste justement à… SURPRISE, écrire ! Mais le revers de la médaille, c’est qu’il faut continuer à écrire des choses que les personnes veulent acheter car la baisse des ventes sur les anciens romans se fait vite ressentir.

Qu’est-il donc arrivé à « Torrent » ? J’ai laissé le projet en plan et me suis occupée d’autres choses. Entre-temps, le livre s’est bien vendu et même très bien vendu en prenant en compte le fait que je n’en avais parlé nulle part. Même pour le lancement, je m’étais contentée de l’annoncer sur mon bulletin d’informations et de publier un post sur Facebook et Twitter. Je n’ai pas dépensé le moindre centime en publicité (j’ai toujours pensé que j’attendrais d’avoir sorti plusieurs livres dans la série). J’ai aussi reçu des e-mails et des commentaires de la part de lecteurs qui avaient apprécié et qui voulaient connaître la suite. En plus de ça, j’ai reçu un e-mail d’une personne travaillant chez Amazon le mois dernier, et il se pourrait que mon livre fasse l’objet d’une vente spéciale ou quelque chose dans le genre d’ici à plusieurs mois (aucune garantie là-dessus, mais bon, Amazon ne m’a jamais envoyé d’e-mails pour mes autres livres). Ce qui m’amène à…

Leçon no4 : des commentaires élogieux n’amènent pas forcément le livre en tête des ventes et un livre massacré par la critique peut malgré tout bien se vendre.

Je tiens à ajouter que je suis d’accord avec certaines des critiques sur le livre et j’essaierai de corriger certains éléments et d’améliorer des choses au fur et à mesure que j’avance dans la série. Il convient toutefois de souligner que…

Leçon no5 : en publiant dans un genre différent, on risque de déplaire aux personnes qui préféraient le livre précédent.

En tant qu’auteurs, il nous arrive parfois de gambader et d’explorer de nouveaux genres et styles d’écriture. (mais bien sûr que c’est le moment d’essayer quelque chose à la première personne !) Il n’y a rien de mal à ça mais il faut prendre conscience que ces personnes qui appréciaient beaucoup l’ancien genre et style d’écriture peuvent ne pas être enthousiasmées par le nouveau choix. Je crois que la prochaine fois que je m’essaye à un genre différent (il y aura une série de science-fiction à l’époque spatiale, donc restez à l’affût !), j’en parlerai dans ma liste de diffusion mais sans tenter d’encourager les lecteurs à essayer. Si c’est le cas et qu’ils l’apprécient, tant mieux, mais je m’adresserai aux blogs de livres et aux annonceurs spécialisés pour présenter ce livre aux vrais amateurs du genre.

Revenu, nombre de livres sortis et ventes à l’international

J’avais pour habitude d’annoncer quels étaient mes revenus provenant de l’autoédition et combien de livres j’avais vendus. Ceux qui me suivent depuis longtemps sur ce blog (oui, vous les trois…) ont sans doute remarqué que cela fait longtemps que je ne l’ai pas fait. Ça ne me gêne pas quand les autres le font, mais me concernant, il y a un moment où parler d’argent devient un peu bizarre (probablement quand on cesse de gagner un revenu inférieur à la moyenne de son pays et qu’on commence à gagner plus). Cela étant, j’ai gagné en 2013 plus que ce que ne m’avait jamais rapporté mon ancien travail, je me réjouis donc de ce travail d’autoédition et j’espère que je pourrai continuer.

Fait notable, j’ai vendu moins d’exemplaires de chaque titre en 2013 qu’en 2012. L’augmentation de revenu tient davantage au fait d’avoir plusieurs livres commercialisés plutôt que d’être un auteur à grand succès.

J’ai constaté que les ventes et les grandes promotions pour mon premier livre se sont révélées moins bonnes en 2013 qu’elles ne l’avaient été auparavant. J’ai vendu/donné moins de livres dans la plupart de ces campagnes et les ventes ont été plus faibles pour le reste de la série. Je crois que l’explication vient en partie d’une plus grande concurrence (davantage de livres sur les marchés) et du fait que de nombreuses personnes sur certaines listes avaient déjà vu et/ou essayé mon premier livre si cela était leur intention.

Mais même avec un nombre réduit de personnes s’essayant à la série chaque mois, au terme de la série, j’ai pu faire d’excellents lancements de ces derniers livres (si je ne dis pas de bêtises, mes deux derniers tomes ont tous les deux commencé dans le top 200 du classement général sur le Kindle Store, ce qui n’est pas un mauvais résultat pour de la « fantasy épique ». Comme je l’ai dit, la série a un fort potentiel et même une lente augmentation des lecteurs sur plusieurs mois peut conduire à l’arrivée à un succès notable.

Mis à part les lancements, je suis soulagée d’avoir atteint le stade où vendre plusieurs centaines d’exemplaires par mois des livres X, Y et Z se traduisent par un revenu satisfaisant. Un assez grand nombre de mes livres sont sortis à présent. (Pour ceux qui ne veulent pas prendre la peine de compter, j’ai publié 10 romans et environ autant de nouvelles et d’histoires brèves) Tout cela s’additionne, et même si je n’ai pas fait de grande sortie depuis cet été (les « pilotes » ne se vendent logiquement pas aussi bien que les livres des séries ayant fait leurs preuves), mon revenu a été assez élevé au cours des derniers mois. Ce qui nous fait…

Leçon no6 : un auteur se situant en milieu de classement disposant de suffisamment de titres peut se sortir un bon revenu de son activité d’écrivain.

Il y a beaucoup de choses à dire sur la plus grande compétition actuelle sur le Kindle Store et ailleurs, plus d’auteurs indépendants et également un plus grand nombre d’anciens livres convertis en livres électroniques. Mais si vous pouvez vous constituer un groupe de fidèles qui apprécient votre travail et qui sont prêts à lire la plupart de ce que vous écrivez, alors vous pouvez vivre de cette activité à la condition de pouvoir publier régulièrement et d’apporter du contenu que les lecteurs peuvent consommer.

Un autre événement s’est produit pour moi en 2013, il s’agit de la croissance de mes ventes à l’international. J’ai commencé à gagner en notoriété dans les magasins Kobo et Apple en 2012 (grâce, dans une large mesure, au livre gratuit accessible en permanence qui s’y trouvait) et 2013 a été l’année où les ventes à l’international sont passées du stade « un peu d’argent de poche » à « eh, c’est une belle somme d’argent ». Je viens juste d’être payée par Amazon pour les ventes d’octobre et les revenus en provenance des magasins du Royaume-Uni et d’Allemagne suffiraient chacun à payer mon loyer. Il y a un an, je m’estimais heureuse en gagnant là quelques centaines de dollars.

Qu’est-ce qui a changé ? Je n’ai fait aucun travail de marketing supplémentaire auprès de ces magasins, donc je suppose que cela dépend du nombre de titres disponibles (les personnes qui apprécient mon premier livre en ont six autres à acquérir, plus les autres œuvres qui y sont liées) et d’avoir un titre gratuit accessible en permanence (bien que « Emperor’s Edge 1 » ait été gratuit dans ces magasins depuis pratiquement sa sortie aux États-Unis). Détail intéressant, « Torrent » a connu de bons résultats dans ces magasins, particulièrement en Allemagne.

On ne peut jamais prédire si l’un des titres dont les ventes sont correctes aux États-Unis va pouvoir décoller dans un autre pays. Même si la croissance des livres électroniques ralentit aux États-Unis, elle s’accélère dans d’autres régions du monde, le revenu peut ainsi devenir important.

Leçon no7 : prêter attention aux marchés étrangers.

Je n’ai pas encore tenté de faire traduire mes livres dans une autre langue (parce que je suis surtout occupée à écrire de nouvelles choses et que ça semble être beaucoup de travail supplémentaire !), mais même les ventes en anglais dans les autres pays peuvent être importantes, je vais donc chercher de nouvelles opportunités de faire la promotion de mon travail sur les marchés internationaux.

Je crois que j’en ai assez dit pour aujourd’hui, j’arrête donc là pour la leçon. Si vous voulez partager votre point de vue, veuillez m’en faire part dans la section réservée aux commentaires. Merci de m’avoir lue !

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6 réflexions au sujet de « 3 ans d’auto-édition, 2 ans consacrés à l’écriture à plein temps et leçons tirées de l’année 2013 »

  • Tout ça, c’est bien beau, mais il s’agit ici d’une success-story américaine, ce qui n’a rien à voir avec ce qui se passe en France ou en Belgique. Les écrivains de langue anglaise ont bien plus d’avantages que nous, dont le premier, et non le moindre, est le nombre de lecteurs potentiels : il y a bien plus d’anglophones sur terre que de francophones !! Ensuite, très important également, les Américains, dont les villes importantes sont très éloignées les unes des autres, ont l’habitude des achats via internet, comme auparavant ils achetaient par correspondance. Ce n’est point le cas chez nous. Un minimum de lecteurs achète des romans sur le net. Nous aimons le papier. Nous aimons avoir un livre en mains. Et nous aimons aller dans une librairie fureter parmi les livres. C’est ainsi. Moi, ce que j’aimerais plutôt, c’est une success-story bien de chez nous, car écrire est une chose, savoir se vendre en est une autre…

  • Pierre Picard

    Pierre Picard on

    Bonjour et merci pour ce commentaire. Justement la tribune est libre, écrivez nous votre success-story « à la française » et nous la publierons !

  • Mais si vous ne publiez pas de success-story « à la française », c’est peut-être tout simplement par ce qu’il n’y en a pas 🙂
    Je constate que les lecteurs achètent un nom connu, pas un bouquin.
    L’audace n’est pas une qualité de lecteur, mais d’auteur.
    Bien cordialement,
    Serge Rochain, Narbonne

  • Pierre Picard

    Pierre Picard on

    Allez, juste un exemple qui me vient à l’esprit à l’instant en lisant votre réponse : « Les gens heureux lisent et boivent du café » d’Agnès Martin-Lugand, édité par Michel Lafon maintenant fut un énorme succès en autoédition ! Livre maintenant traduit dans 18 langues. Il y a plein d’autres exemples, ce n’est pas parce que ces auteurs ne témoignent pas chez nous, qu’ils n’existent pas.

  • D’abord je me permets de vous féliciter pour la qualité de votre travail d’impression. J’ai auto-édité mon premier livre et fait réaliser l’impression chez vous (Le secret de la montagne Noire). La qualité est vraiment parfaite. Les lecteurs m’en font d’ailleurs souvent la remarque. Pour la suite, c’est certain, ce sera chez vous.

    A part ça, sur l’article lui même je suis un peu …sceptique.
    Je suis en pleine promotion du premier tome de ma trilogie et, même si les ventes sont bonnes, cela représente un travail COLOSSAL de publicité, dédicaces, installation dans les librairies, communication sur les réseaux sociaux…etc.

    J’ai le sentiment que l’histoire de Lindsay Buroker est un cas à part, mais ils en faut pour donner du coeur à l’ouvrage à tous les autres. Tout semble facile même les ventes des e-book simplement parce qu’il y a eu un ou deux messages d’annonces…
    Faire connaître son livre et qu’il soit apprécié c’est possible (je le vérifie chaque jour) mais avec beaucoup d’investissement de temps et d’argent.

    Voilà, ma modeste contribution à la discussion.

    Bien cordialement,

    Bruno COMBES

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