L’AUTOÉDITION, L’ALTERNATIVE IDÉALE AU COMPTE D’AUTEUR

Petit rappel

Au sens premier, le mot « éditer » a pour origine le mot latin editum (de edere) et signifie « faire paraître au public ». Il y a là toute l’idée que j’aime particulièrement de lien, de lier, relier les hommes entre eux grâce au livre, tout comme on relie entre elles les pages d’un ouvrage.

Cette activité est celle de l’édition et les personnes ou entreprises qui l’exercent sont des éditeurs.

Selon la nature de l’œuvre publiée (livres, périodiques, musique, logiciels, jeux vidéo), les éditeurs spécialisés sont désignés par des termes plus précis tels que : maison d’édition (livre), éditeur de presse (presse) ou éditeur de logiciel (logiciel).

L’autre sens du mot « éditer » est modifier, corriger, ce qui fait aussi partie intégrante du travail d’éditeur.

L’autoédition, comment y arrive-t-on ?

Le parcours d’un auteur à l’autre reste sensiblement le même. Il y a tout d’abord l’écriture, puis la recherche d’une maison d’édition qui voudra bien le publier. On commence tout d’abord par les plus connues, puis face aux réponses négatives qui arrivent les unes après les autres, on démarche – la plupart du temps sans même le savoir -, des éditeurs à compte d’auteur. Là, le manuscrit est bien évidemment « sélectionné » et sera publié moyennant finances.

À ce stade, il y a trois réactions :

– L’auteur refuse de dépenser une telle somme et replonge son manuscrit dans le tiroir duquel il avait été sorti quelques mois plus tôt.

– L’auteur signe le pseudo contrat d’édition reçu (au regard de la loi, le contrat d’édition ne s’entend que si l’édition [fabrication, publication et diffusion de l’ouvrage] est un investissement propre de l’éditeur) et reçoit plus tard quelques exemplaires de son livre qu’il aura payé au prix fort sans que celui-ci n’ait été relu et corrigé. Il déplorera rapidement le manque d’activité de son « éditeur » pour stimuler les ventes et avec un peu de chance, se tournera la prochaine fois vers l’autoédition.

– Il se renseigne via internet et trouve des avis d’auteurs mécontents sur la « maison d’édition » qui lui proposait de le publier et entend, peut-être pour la première fois, parler de l’autoédition. Il laisse de côté le pseudo contrat et commence à se renseigner sur cette nouvelle piste.

L’autoédition : ça consiste en quoi exactement ?

L’autoédition consiste, pour un auteur, à prendre lui-même en charge l’édition de ses ouvrages, sans passer par l’intermédiaire d’une maison d’édition et surtout pas par un compte d’auteur. Elle se distingue précisément de l’édition à compte d’éditeur ou à compte d’auteur. Dans le premier cas, c’est l’éditeur qui se charge à ses frais de réaliser et diffuser l’ouvrage en rémunérant l’auteur selon les ventes. Dans le second, le prestataire s’en charge ou prétend le faire (il y a très souvent au moins défaut de distribution) aux frais de l’auteur.

Dans le cas de l’autoédition, l’auteur se charge de toutes les étapes de la publication du livre, c’est-à-dire :

– la saisie et la mise en page.

– les corrections : orthographe, grammaire, style, règles typographiques.

– l’impression : elle peut être éventuellement réalisée avec une imprimante personnelle pour un petit projet ; la reliure est toutefois un point délicat, car le résultat n’est pas toujours satisfaisant (reliure type spirale). Toutefois, l’impression est le plus souvent confiée à un professionnel.

– la réalisation de sa couverture en y intégrant un ISBN, un code-barre et en indiquant le prix de l’ouvrage.

– la conversion du manuscrit et la couverture en fichiers au format Portable Document Format si on veut avoir recours à un imprimeur.

– les formalités administratives et juridiques (ISBN, dépôts légaux).

– la publicité.

– la diffusion de son livre : c’est la phase sans doute la plus délicate de l’autoédition, mais pas plus que celle d’une édition à compte d’éditeur !

L’autoédition ne permet peut-être pas de gagner beaucoup d’argent, mais elle permet néanmoins de ne pas en perdre ! En effet, payer un compte d’auteur entre 2000 et 4000 €, voire plus, même en espérant vendre des centaines d’ouvrages, ne permet pas de récupérer son investissement avec 10 %, 15 % ou 25 % de droits d’auteur sur le prix de vente HT du livre.

Prenons un exemple simple, si votre livre est vendu 15 € et que vous touchez 1,50 € par vente (10 % en droits d’auteur), il vous faudra vendre 2000 livres pour simplement récupérer les 3 000 € que vous aurez payés. Vendre 2 000 exemplaires d’un livre est une chose qui ne se fait pas facilement, même pour un vrai éditeur ! Tandis que si vous vous autoéditez, vous toucherez l’intégralité (100 %) du prix de vente de votre livre et rentrerez plus rapidement dans vos frais puisqu’il faudra en vendre dix fois moins pour y parvenir.
Les seuls inconvénients de l’autoédition restent le temps que cela demande et les compétences requises. C’est pour cela que j’ai créé la prestation Antipode Éditions au sein des Éditions du Puits de Roulle, pour aider les personnes, les accompagner dans la réalisation de leur beau projet. Pourquoi ? Parce que j’ai déjà aidé beaucoup d’auteurs dans ce cas et que c’est une immense satisfaction. Parce que je suis scandalisée par certains contrats que j’ai eus entre les mains. Parce que c’est une philosophie de vie : œuvrer pour le bien de tous. Il ne suffit pas d’être heureux, il faut aussi que les autres le soient. Et enfin, parce que j’aime les livres et le travail bien fait.

Mon expérience avec Copy-Média

Mon activité consiste à aider les auteurs dans leur réalisation. Pour ce faire, il m’a fallu tester plusieurs professionnels du livre et choisir un imprimeur correspondant aux meilleurs critères de prix bien sûr, mais aussi de qualité et de compétences professionnelles tout au long du processus de fabrication. C’est ainsi que j’ai sélectionné Copy-Média.
Je travaille avec Copy-Média depuis 2009. J’ai tout de suite été séduite par la relation client franche et directe qui s’est établie avec ma conseillère commerciale, Élodie Dartois. Les tarifs de Copy-Média ne sont peut-être pas les plus bas sur le marché, mais comme on dit si bien Outre-Manche « If you pay peanuts, you get monkeys ! » (« Si vous payez des cacahouètes, vous attirez des singes ! »)

Avec Copy-Média, jamais de mauvaises surprises : vous obtenez un devis dans des délais raisonnables, le choix de papier est varié et il est de bonne qualité, les personnes du service prépresse vérifient vos fichiers et vous donnent les bons conseils, les pages de votre livre son bien calées l’une en face de l’autre, les livres sont correctement encollés, vous avez un bon à tirer papier, la livraison est faite sur palettes et les ouvrages sont soigneusement emballés. Le tout, avec un conseiller toujours disponible en cas de besoin.

Pour terminer, je donnerai ce petit conseil aux auteurs : avant toute démarche posez-vous la question de savoir pourquoi vous souhaitez être publié. Cela vous donnera la réponse à la question : quel type d’édition choisir ? Après, donnez-vous les moyens de réaliser votre rêve et n’oubliez pas L’Art Poétique de Nicolas Boileau :

Avant donc que d’écrire, apprenez à penser
(Chant I)

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.
(Chant I)

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
(Chant I)

18 réflexions au sujet de « L’AUTOÉDITION, L’ALTERNATIVE IDÉALE AU COMPTE D’AUTEUR »

  • Frette-Damicourt on

    Bonjour

    Je suis interessée par l auto-édition pouvez vous m aider?

    Cordialement
    Patricia

  • Excellent article qui tord le cou à cet amalgame douteux entre autoédition et compte d’auteur. Ancien responsable d’édition, je connais bien les différentes problématiques soulevées ici. Et pas mal d’autres encore. Mais c’est vrai qu’au-delà d’une préparation irréprochable de l’ouvrage à éditer, la distribution reste le point noir de toute activité d’édition, aussi bien pour les auteurs auto-édités que pour les petits éditeurs traditionnels. D’ailleurs, c’est sur la base de mon expérience que je travaille désormais sur un nouveau projet de maison d’édition et de conseil éditorial, lequel s’appuiera sur l’exploitation raisonnée et complètement assumée de moyens de diffusion alternatifs. Objectifs : efficacité, rentabilité et respect de l’auteur comme du lecteur.

  • Camille Saint-Alban on

    Bonjour Stéphanie,
    Je suis entièrement d’accord avec les termes de votre article. Le problème qui se pose aujourd’hui, pour l’autoédition, est le statut fiscal. Vendre, c’est très bien, mais sous quelle forme juridique établir des factures, encaisser des règlements et les déclarer ? Il y a quelques années, on pouvait les ajouter tout simplement au revenu imposable, mais il me semble que ce n’est plus le cas aujourd’hui. Si vous avez une réponse précise sur ce point, je pense que bon nombre d’auteurs seront preneurs. Merci d’avance !
    Cordialement,
    Camille

  • Bonjour Camille,

    Votre question concernant le statut fiscal est très pertinente. Il y a de nombreux articles à ce sujet sur le net, comme ici par exemple : http://portaildulivre.com/fiscautautoedit.htm ou là : http://www.auto-edition.com/

    Ce qu’il faut garder à l’esprit, c’est que tout revenu doit normalement être déclaré. C’est un principe qui s’applique dès le premier euro.

    Pour obtenir une réponse précise, il convient à mon sens de contacter un expert-comptable et/ou un avocat, sachant que l’expert-comptable est probablement le plus indiqué, puisqu’il sera à même de faire les déclarations fiscales le cas échéant.

    Si vous ne souhaitez pas faire appel à un professionnel, car trop coûteux, je vous recommande de vous rapprocher du service des impôts. Il est impératif de leur présenter la situation en détail par écrit pour obtenir une réponse fiable et écrite, qui fera foi.

    Certains auteurs décident aussi de créer une association. Dans ce cas, il convient de se référer aux lois les régissant. Voir : http://www.associationmodeemploi.fr/PAR_TPL_IDENTIFIANT/1018/TPL_CODE/TPL_FAQ_FICHE/PAG_TITLE/Association+et+%E9dition/2529-question-reponse.htm

    Cordialement,
    Stéphanie Lahana

  • HOFFMANN Pierre on

    Il ne faut pas en effet sous-estimer les problèmes fiscaux et sociaux relatifs à l’autoédition. Selon moi, la meilleure solution consiste à adopter le régime de l’auto-entrepreneur avec versement libératoire de l’impôt sur le revenu. Se déclarer en tant qu’éditeur de livres auprès du Centre de Formalités des Entreprises – en général, l’URSSAF – avec le code APE 5811Z. Votre chiffre d’affaires sera taxé à 15% s’agissant de ventes de marchandises + 0,10 % pour la formation professionnelle continue. Bien tenir compte par conséquent de cet élément pour le calcul du prix de revient de votre livre. A noter que vous êtes exonéré de TVA dès lors que votre CA annuel ne dépasse pas 81500 Euros – article 293 B du C.G.I.
    A votre service et bon courage !
    Pierre

  • Emile TISSOT on

    Bonjour Camille,

    Avant de vendre le premier livre, il faut demander auprès de la chambre de commerce le numéro de siret. Sinon il sera impossible de vendre aux bibliothèques ou certaines médiathèques. Les bibliothèques demandent toujours une facture et votre numéro de siret. La plupart des bibliothèques ne peuvent acheter votre livre malgré votre siret. Les bibliothèques nationales sont liées par le marché dépendant des maisons d’édition. Renseignez-vous avant de proposer votre œuvre.

    Bonne chance.

  • Camille Saint-Alban on

    Stéphanie et Pierre, un grand merci pour ces précisions indispensables !
    Cordialement,
    Camille

  • Ça met du baume au cœur de lire un article aussi sympathique et clairvoyant !
    Militant pour la cause des auteur(e)s indépendants, j’aide personnellement les personnes dans leurs démarches administratives (obtention du numéro fiscal américain, problèmes d’ouverture de compte Apple…).
    Merci CopyMedia 🙂
    Rémy.

  • Excellent article.
    L’auto édition fait aujourd’hui partie de ces évolutions qui permettent de s’épanouir même si l’on a pas la « prétention » de devenir célèbre.
    Merci Stéphanie.

  • Florin DANES on

    Article Intéressant, mais faisant l’impasse sur le principal défaut de l’édition au compte d’auteur: le disfonctionnement ou carrément l’absence de la diffusion du livre

  • HOFFMANN Pierre on

    Camille, pour être – presque – complet, deux précisions : d’une part, sur vos factures, indiquer notamment votre numéro SIRET délivré par l’INSEE ainsi que la mention :  » TVA non applicable, article 293 B du CGI et, d’autre part, sachez que les auto-entrepreneurs bénéficient en matière de Cotisation Foncière des Entreprises – C.F.E. – d’une exonération pour une période de deux ans à compter de l’année qui suit celle de leur création d’activité.
    A votre service et cordialement,
    Un modeste auteur, client très satisfait de COPY MEDIA, pratiquant l’auto édition et retraité de l’Administration…fiscale !
    Pierre

  • Merci à toutes et à tous pour vos commentaires instructifs.

    Pour répondre plus particulièrement à Florin, cet article ne parle pas du « dysfonctionnement ou carrément l’absence de la diffusion du livre de l’édition à compte d’auteur » car le sujet est l’autoédition et non l’édition à compte d’auteur. Néanmoins, j’admets volontiers qu’il y a beaucoup à dire à ce sujet.

    Pour finir, je me permets de recommander à tous les auteurs l’excellent blog de Marc Autret : http://marcautret.free.fr/ auteur du non moins excellent ouvrage : « 150 questions sur l’édition ».

  • gabriel Tracol on

    J’ai beaucoup apprécié vos infos concernant l’autoédition,etc…et vous en remercie vivement ainsi que.Nicolas Laborie.Pas toujours un spécialiste de rangement sur ordinateur,j’ai photocopié le tout pour savoir où il est et l’avoir sous la main. lorsque j’en aurai besoin.Encore un grand merci.

  • Mais Mme l’auto-edition n’est ce pas la mort de l’édition au sens noble du terme . Si l’auteur et l’éditeur ne prennent plus de risque où se situe le lecteur ? Faut-il oublier le lecteur dans la chaine? Je prefere de loin l’édition à compte d’auteur que l’auto edition;
    Cordialement

  • Inutile d’ergoter. Le problème est très simple. L’auto-édition, quand on la fait soi-même, comme moi, coûte zéro virgule zéro zéro (0,00 €). (Un peu plus si on se fait « coacher », mais on n’est pas obligé). L’édition à compte d’auteur coûte des mille et des cent, plutôt des mille. Pour un service équivalent, c’est à dire nul. La première rapporte des cacahuètes, la seconde un gros trou dans son budget assorti d’une dépression nerveuse.

    Il y a peut-être des exceptions, il ne faut pas être catégorique. Proust, par exemple, mentionné plus haut (mais a-t-il gagné de l’argent avec le C/A ? Ou s’est-il simplement fait connaître par ce biais ?). Il y a bien des gens qui sont allés sur la lune. Il doit exister des militaires nord coréens épris de démocratie, il y en a même qui gagnent au loto ! (pas des militaires nord-coréens, je parlais en général.) Qu’on me présente un auteur honnête qui me certifiera avoir gagné de l’argent avec le compte d’auteur, et je rectifierai mon opinion.

  • Michel.Labonne on

    Article super intéressant.Ceci dit je ne vais pas vers l’auto-édition par dépit mais par choix et je pense que de plus en plus les nouveaux auteurs suivront ce chemin,surtout en ayant comme imprimeur et conseiller COPY Média.

    L.M

  • Encore merci à toutes et à tous pour vos commentaires. Je vais répondre plus particulièrement à Syllaka :

    « Mais Mme l’auto-edition n’est-ce pas la mort de l’édition au sens noble du terme. Si l’auteur et l’éditeur ne prennent plus de risque où se situe le lecteur ? Faut-il oublier le lecteur dans la chaîne ? Je préfère de loin l’édition à compte d’auteur que l’auto édition. »

    Tout d’abord, sur la dernière phrase : « Je préfère de loin l’édition à compte d’auteur que l’auto édition. »

    L’édition à compte d’auteur est tout sauf une garantie de qualité, mais peut-être voulez-vous parler d’édition à compte d’éditeur ?

    Ensuite, sur l’édition « au sens noble du terme », j’ai bien peur hélas qu’effectivement elle se perde. A mes yeux, il y a bien des éditeurs qui exercent brillamment leur métier, tels qu’« Acte Sud » ou encore « José Corti », mais il suffit de se rendre dans une librairie pour voir qu’ils ne sont plus légion dans le « marché » du livre et cela se comprend.

    Il faut savoir que « 9 nouveaux livres sont édités toutes les heures en France, soit 79 300 nouveaux ouvrages en 2010, dont environ 50 % de nouveautés. Une production éditoriale en augmentation depuis plusieurs années et qui n’a pas été ralentie par l’édition numérique.

    Le nombre de livres proposés par l’Édition en France en 2011 était de 622.440 références. » (Source : http://www.planetoscope.com/Culture/974-edition—nouveaux-livres-publies-en-france.html)

    En ce qui me concerne, je ne fais pas que de l’aide à l’auto-édition, je suis aussi éditeur à compte d’éditeur, et cela relève plus du sacerdoce que d’une partie de plaisir. C’est un puits sans fond d’heures de travail et d’argent dépensé pour publier un ouvrage qui restera peut-être inconnu, noyé dans la masse… Il y a bien quelques satisfactions tout de même : porter au public un ouvrage qui nous a plu pour une raison ou une autre, aider de jeunes auteurs à se faire connaître, voir l’un de ses livre présenté dans les médias, contribuer à la culture, c’est-à-dire, à l’élévation de l’âme de chacun, bref apporter sa pierre à l’édifice.

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